Premier jour.

Ce blog débute au lendemain — ou presque — d’une première année de médecine. De deux, en réalité. Cette année qui dans l’esprit collectif fait trembler ceux qui ont une vague idée de ce dont il s’agit.

Une masse de connaissances potentiellement qualifiable de dantesque, des cases à cocher et une BU. Avec des livres qu’on ne regarde pas, par manque de temps et d’envie. Sauf les atlas d’anatomie, la plupart du temps absents des rayons.

Des amphis pleins d’étudiants, plusieurs fois par jour, avides de recopier chaque mot du professeur avec une exactitude perverse. Mais c’est ce qu’il faut ! Accumuler des mètres d’épaisseur de différents cours, et en connaître le plus possible sur le bout des doigts à la fin de chaque semestre. C’est que la machine à concours est gourmande mais qu’elle prend soin de sa ligne pour n’avaler que les copies qui s’approchent au mieux de ce qu’on lui a dicté. Ben oui, on ne voudrait pas de praticiens inexacts ayant coché les mauvaises cases, pensez-vous !

Alors on bosse pour se soumettre aux lois impartiales de cette première année. Parfois, « on comprend vite mais il faut nous expliquer longtemps« , donc on recommence histoire d’être sûr de les comprendre. Et puis, au bout d’une ou de deux années méchamment clonées, on finit par dire adieu aux bancs de l’amphi qui sont trop loin des tables. Parce que ça va bien cinq minutes mais ça finit par être crevant.

Tous les ans, il y en a 235 qui s’en tirent avec succès et honneurs, rejoignant la deuxième année de médecine. Et tous les ans, il y en a qui restent sur le carreau, se prenant dans le pif le panneau des résultats. « J’suis trop p’tit j’vois pas mon numéro chez les admis ! »

Pour les premiers, une voie longue mais délicieuse, parée d’embûches mais à l’objectif — paraît-il — noble et beau. Pour les autres, il faut chercher.

Certains, pas forcément convaincus par leur envie, leur vocation, leurs parents, iront trouver un sens à leurs études dans un domaine aux antipodes de la santé. D’autres le feront parce qu’ils ont perdu leur énergie et que ce n’est pas si simple de la retrouver.

Une dernière portion d’étudiants persévérera. Alors que ce même système de formation en santé leur aura foutu un énorme pied-de-nez, ils retourneront à la charge. Peut-être, tenteront d’autres concours.

 

L’important est que nul n’ait honte de ce qu’il est amené à devenir. L’important est de se rendre compte que la vie est comme un long fleuve pas si tranquille : on aura beau changer de cours, on finira toujours par se jeter dans l’océan.

L’important est de se rendre compte que reçu ou non, quelle que soit la filière qu’on emprunte après la Paces, lorsqu’on avance, la vie commence.

4 réflexions sur “Premier jour.

  1. Val

    La PACES est une aberration qui persiste comme tant d’autres traditions archaïque dans notre belle médecine française. Le pire c’est que tout le monde le dit y compris les principaux protagonistes (le doyen, mon médecin traitant…), et on ne trouve pas de solution. A quand le changement vers une sélection plus rationnelle ?
    Je te souhaite bon courage pour la suite, en espérant que tu rebondisses de la meilleure des façons.

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    1. Any

      Je pense que des solutions sont recherchées mais difficiles à mettre en place. il faut faire bouger les mentalités mais tout le monde s’y est habitué donc le changement prend un peu de temps (cf. le compte-rendu de l’ANEMF, sur le groupe Fb de l’ACT :)).

      J’ai de bons espoirs de rebondissements dans lesquels je pourrai m’épanouir, quant à toi je te souhaite toute la réussite que tu mérites, et aussi du courage pour la suite ! 😉

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